Débat d’orientation budgétaire.

Intervention de Christophe Geourjon au nom du groupe «Centristes & Démocrates pour Lyon»

Monsieur le Maire, chers collègues,

A la lecture de votre rapport Monsieur le Maire, nous avons véritablement le sentiment que vous avez une grande frustration : ne pas être suffisamment présent au sénat pour participer au débat budgétaire de la France. Aussi déplacez-vous ce débat au sein du conseil municipal de Lyon.

Il est bien évident que nous traversons une crise sans précédent, une crise mondiale, une crise de la dette, une crise de confiance et que cette situation particulièrement instable et en partie imprévisible impacte notre ville.

Aujourd’hui la France présente effectivement une dette particulièrement élevée. Mais Monsieur le Maire, un peu d’honnêteté, nous sommes tous responsable de cette dette. En effet, depuis 30 ans, année après année, que le gouvernement soit de gauche ou de droite, la dette de la France augmente.

Depuis 30 ans nos dirigeants n’ont pas vu que le monde changeait, ils ont préféré garder un mode de fonctionnement du passé plutôt que d’inventer la société française du XXIème siècle. Depuis 30 ans la France vit donc à crédit et vous en êtes co-responsable car depuis 30 ans vous êtes dans les cercles parisiens, depuis 30 ans vous êtes député ou sénateur. Vous ne pouvez pas vous dédouaner de cette responsabilité.


Il y a urgence à redresser la situation, il y a urgence à payer aujourd’hui les dépenses du quotidien, arrêtons de transmettre à nos enfants le remboursement de nos dettes. Ceci passera nécessairement par une refondation de nos sociétés française et européenne, sans quoi l’augmentation de la dette serait inéluctable.

Même avec la nécessaire réforme des systèmes monétaire et financier au niveau européen et mondial, cela passera par un effort de gestion et d’efficacité de l’État mais aussi des collectivités locales. L’objectif est bien de réduire les déficits mais aussi de réduire les budgets afin que la fiscalité, notamment sur les entreprises, puisse diminuer. C’est la seule solution pour retrouver une compétitivité internationale qui est vitale pour renouer avec une dynamique de création d’emplois. Ceci sera très certainement au cœur de la campagne présidentielle, nous aurons donc l’occasion d’en débattre dans d’autres lieux.

Revenons au débat d’orientation budgétaire de la Ville de Lyon. Monsieur le Maire, depuis 3 ans notre groupe est le promoteur d’une remise à plat des compétences de la Ville de Lyon et du Grand Lyon. Depuis 3 ans, cela ne semble pas vous intéresser et pourtant il y a là un énorme gisement d’économies et de gain en efficacité de notre action pour les Lyonnais. Plusieurs villes ou agglomérations françaises ont déjà franchi le pas : Amiens, Strasbourg …

  • Il y a 2 ans, lors du chantier du square Aristide Briand dans le 7ème arrondissement, nous avions pointé du doigt, en conseil municipal, les dysfonctionnements entre les services de la Ville et du Grand Lyon. Vous nous aviez répondu qu’un tel débat n’était pas digne du conseil municipal de Lyon.
  • Cet été, Richard Brumm m’a indiqué qu’il avait été impossible de mettre en place les mêmes outils d’analyse financière entre la Ville et le Grand Lyon du fait d’un blocage des services.
  • Aujourd’hui même, nous allons voter un rapport concernant l’aménagement du Parc Berliet dans le 8ème arrondissement. Là encore, de l’aveu même de votre adjoint à l’urbanisme et vice-président du Grand Lyon chargé de l’Urbanisme le projet piétine car il a des différends entre les services municipaux et communautaires.
  • Vous même, lors de la séance du Conseil Communautaire du Grand Lyon du 19 septembre, vous avez justifié la double nomination de Mr Quignon en tant que DGS de la Ville de Lyon et du Grand Lyon par l’existence de dysfonctionnements entre les services.

Vous nous donnez donc malheureusement raison :

  • oui nous sommes dans le vrai quand nous demandons une remise à plat des compétences de la Ville de Lyon et du Grand Lyon
  • oui nous sommes dans le vrai quand  nous demandons que la gestion de certains équipements d’agglomération soit transférée au Grand Lyon : stade de Gerland, Parc de la Tête d’Or, Opéra de Lyon, …
  • oui nous sommes dans le vrai quand nous demandons une fusion des services.

Mais Monsieur le Maire, Monsieur le Président cela ne peut être fait en catimini, cela doit faire l’objet d’un débat public avec l’ensemble des communes constituant le Grand Lyon ainsi qu’avec les agents. Cela ne peut s’envisager que si en parallèle nous réformons notre gouvernance, sinon nous créerions un monstre technocratique. Si nous voulons plus d’efficacité, plus de démocratie il faut un exécutif resserré où chaque adjoint ait une délégation dans sa globalité, il faut un exécutif sans cumul de mandat pour que les élus soient effectivement à plein temps au pilotage des dossiers, il faut que l’ensemble des sujets de proximité soient du ressort des Mairies d’arrondissement.

Monsieur le Maire, ne faites pas votre réponse traditionnelle « c’est à l’Etat de légiférer ». D’abord parce que vous êtes parlementaire, vous auriez pu déposer des propositions allant dans ce sens. Ensuite parce que c’est vous, et uniquement vous qui avez décidé de vous entourer de 40 vice-présidents, 21 adjoints à croire que la stratégie est divisée pour mieux régner. Enfin, la Ville de Lyon, usant de son droit à l’expérimentation en vigueur depuis 2003, peut décider de déléguer de nouvelles responsabilités aux arrondissements.

Pour tout cela, Monsieur le Maire, il faut une volonté politique. Dans les médias parisiens, vous parlez sans cesse du réalisme, c’est une attitude responsable. A Lyon, vous avez choisi le confort de l’immobilisme, c’est regrettable.

Je vous remercie

Intervention reprise par Le Progrès et LyonCapitale dans leurs éditions du mardi 8 novembre

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