Accélérons le covoiturage !

 

Logo Grand Lyon, la métropoleIntervention de Christophe Geourjon – Conseil métropolitain du 21 septembre 2015.

Monsieur le Président,

Pour les élus UDI le covoiturage est un transport en commun individuel. Cela peut paraître antagoniste mais il n’en est rien.
A l’heure où les finances des collectivités sont tendues nous devons impérativement optimiser l’usage de nos infrastructures plutôt que de créer de nouvelles infrastructures. De même, nous devons avoir le courage politique d’expliquer que pour certains territoires les transports en commun ne peuvent être une solution car le nombre de voyageur est trop faible. Cela aurait un coût beaucoup trop élevé pour la collectivité, cela favorise aussi l’étalement urbain que nous dénonçons régulièrement.

A l’inverse, et nous le constatons tous aux entrées de la Métropole, le taux d’occupation moyen du véhicule dans le cadre d’un déplacement domicile-travail est seulement de 1,07… Autrement dit, lors des déplacements domicile-travail, l’immense majorité des conducteurs sont seuls dans leur véhicule.

Cela illustre la marge de progression importante de ce type de transport. Pour augmenter significativement le nombre de passager, pour promouvoir le covoiturage il convient de mettre en œuvre des mesures incitatives fortes.

Les deux rapports qui nous sont soumis aujourd’hui vont dans le bon sens. Le 1er propose de développer, en lien avec le site http://www.covoiturage-grandlyon.com/, un outil dynamique qui apportera plus de réactivité et de flexibilité pour les passagers et conducteurs qui pourront demander et offrir un trajet jusqu’à 15 minutes avant leur départ grâce à une application sur téléphone mobile. Le 2ème propose la mutualisation d’outils entre la Région Rhône-Alpes et la Métropole.

Nous estimons cependant qu’il est temps de changer d’échelle et de passer à une véritable politique incitative en faveur du covoiturage. Nos propositions sont de plusieurs ordres :

  1. Création d’un statut de « covoitureur » : L’usage des smartphones, combiné à un système de géolocalisation, permet simplement de valider la présence dans un même véhicule de 3 personnes  (1 conducteur et 2 passagers). Cette validation ayant été effectuée le conducteur et les passagers se voient attribué pour la journée le statut de covoitureurs.
  1. Voies réservées

Un des problèmes majeurs de tous automobiliste est l’accès à la 1ère couronne Lyonnaise. La possibilité de pouvoir réduire significativement ce temps serait donc un argument fort pour promouvoir l’usage du covoiturage.Nous proposons, comme cela ce fait dans plusieurs pays étranger, de réserver une voie d’accès au covoiturage. Ceci est également en cours de réalisation en région Parisienne. A court terme afin d’expérimenter la solution il serait possible de modifier l’usage de la bande d’arrêt d’urgence à cette attention comme cela se pratique à l’entrée de Grenoble.

A moyen terme cette voie pourrait être placée au centre de l’axe autoroutier afin de pouvoir inverser le sens de circulation : le matin pour entrer dans l’agglomération, le soir pouvoir sortir de l’agglomération (exemple de Madrid).

L’accès à cette voie serait réservée aux automobilistes bénéficiant pour la journée du statut de covoitureur (c’est à dire voiture avec 3 personnes à son bord), les contrevenants s’exposant à une forte amende.

  1. Développer les aires de covoiturages en périphérie de la Métropole

Les utilisateurs du covoiturage résident le plus généralement en milieu peu dense. Aussi ils utilisent fréquemment leur véhicule personnel pour accéder à un point de ralliement où les participants se retrouvent et peuvent laisser leur voiture stationnée, afin de terminer leur déplacement en se regroupant à plusieurs dans un seul véhicule. A ce niveau, l’usage de point de rendez-vous sauvage freine le développement du covoiturage. En effet ils peuvent susciter un sentiment d’insécurité et dans certains cas (entrée d’autoroute par exemple) poser des problèmes de sécurité routière.

Il est donc très important de développer un réseau d’aire de covoiturage dans la périphérie de la métropole. Des zones sécurisées (nécessité d’éclairage par exemple), facilement accessibles (desservies par des transports en commun, bénéficiant d’une signalétique), proches des accès aux voies rapide et comportant un parking sécurisé pour les 2 roues (vidéo-protection).

  1. Garantir un stationnement en centre-ville pour les covoitureurs

Arrivé à destination le conducteur doit pouvoir garer son véhicule. A ce niveau il convient de conduire une politique incitative vis-à-vis des entreprises afin que les éventuelles places de stationnement privées soient en majoritairement destinées aux covoitureurs.

Au delà, la collectivité doit mettre en place un système d’abonnement pour les covoitureurs avec un tarif préférentiel (stationnement en ouvrage ou sur la voie publique). Au niveau des parkings en ouvrage il conviendrait de mettre en place un système de places réservées comme c’est déjà le cas pour les abonnés.

Ces avantages ne seraient accessibles que si le statut ‘covoitureur’ a été validé le matin même.

Le covoiturage n’est pas la solution miracle mais s’offre comme une solution complémentaire à toutes les autres formes de déplacement (TER, TCL, cars interurbains, Vélo’v, marche à pied, …). Il vient compléter une offre de transport en commun qui fait parfois défaut sur certains territoires.

Je vous remercie

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