Rapport d’observations définitives de la Chambre Régionale des Comptes sur la sécurité publique

Intervention de Christophe Geourjon au nom du groupe « Lyon Démocrate – MoDem »

 

Monsieur le Maire, chers collègues,

En premier lieu je souhaite à l’occasion de ce débat autour du rapport de la chambre régionale des comptes sur la sécurité publique rendre hommage au travail des forces de l’ordre et particulièrement aujourd’hui au travail de la police municipale. Elle fait un travail remarquable en relation avec la police nationale.

Permettez moi de rappeler qu’il y a 1 mois de cela était assassinée lors d’une fusillade une jeune femme de 26 ans, policière municipale à Villiers-sur-Marne. Cet événement a mis en évidence le grand malaise qui persiste dans la définition des missions et des moyens des polices municipales.

Les Lyonnais sont familiers de la Police Municipale puisqu’elle a été recréée dans notre ville en 1970. Raymond Barre durant son mandat a véritablement donné un 2ème souffle à la police municipale, en renforçant son périmètre d’action, ses moyens d’intervention et ses effectifs. Ainsi entre 1995 et 2001 les effectifs ont pratiquement triplé pour atteindre 315 agents en 2001. Par ailleurs c’est durant ce mandat que la police municipale a été structurée et territorialisée au niveau de chaque arrondissement.

Aujourd’hui la police municipale a Lyon c’est une police de proximité, une brigade cycliste, une police des grands parcs, une unité mobile d’intervention, le groupement d’intervention mobile, le service de vidéosurveillance.

Nous notons avec satisfaction dans le rapport que la coordination entre police nationale et police municipale est jugée satisfaisante : le contact est la plupart du temps quotidien et des missions communes sont régulièrement organisées.

La police municipale totalise 30 000 heures supplémentaires par an, ceci représente 19 agents à plein temps. Ce chiffre est trop important et induit un rythme de travail (notamment les WE, les soirées ou jours fériés) très stressant. Il nous paraît souhaitable de réduire le recours systématique aux heures supplémentaires.

En complément des actions de la Police Municipale la Ville de Lyon fait de plus en plus appel à des sociétés privées de sécurité. Le budget annuel est de l’ordre de 1,5M€. Cet usage alors même que nous avons la chance d’avoir une police municipale formée et efficace peut être surprenant. Cela ajoute un degré dans la confusion des missions et la crédibilité des différents acteurs de sécurité sur le terrain.

C’est notamment le cas pour réguler les nuisances sonores sur les berges du Rhône entre juin et septembre après minuit. En sera-t-il de même demain à Confluence ou sur les berges de Saône ? Sur le dossier des berges du Rhône, la chambre régionale des comptes indique que cette délégation à une société privée pourrait être illégale et est discutable en termes de responsabilité. Ces aménagements urbains, décidés par la Ville de Lyon et Grand Lyon, induisent des nuisances que nos collectivités doivent maitriser. Dans notre esprit, nous sommes complètement dans les pouvoirs de police du maire, ceci est donc bien du ressort de la Police Municipale en coordination et avec l’appui si nécessaire de la Police Nationale. Vous ne disiez pas autre chose, Monsieur Collomb dans votre programme électoral, vous indiquiez que la police municipale devait notamment je cite « lutter pour l’amélioration du cadre de vie, en particulier la propreté et les nuisances sonores ».

Qui dit sécurité dit également prévention. Dès 1998, c’est-à-dire avant même que cela soit obligatoire, la Ville de Lyon c’est dotée d’un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. L’objectif était simple : faciliter la coordination, la connaissance mutuelle des différents acteurs dans ce domaine afin de créer un véritable réseau de partenaires. Nous soutenons cette démarche car la cohésion des acteurs locaux ne peut se manifester en cas de crise que si le partenariat, même s’il n’est pas toujours facile, existe au quotidien.

En conclusion afin de répondre au mieux à la légitime attente des Lyonnais à plus de tranquillité et de sécurité les efforts consentis depuis 20 ans pour développer et moderniser la police municipale doivent être poursuivis. C’est une condition du vivre ensemble. Au-delà nous souhaitons que soit étudiée, comme le permet la loi, la mise en place d’une police au niveau du Grand Lyon ou à défaut une mutualisation des polices municipales des 57 communes. En effet de plus en plus d’évènements ou d’équipements, je pense notamment aux berges du Rhône et demain à Confluence, aux berges de la Saône sont décidés et mis en œuvre par le Grand Lyon.

Je vous remercie.

Cette intervention a été reprise par Le Progrès dans son édition du mardi 22 juin.

Christophe Geourjon a été interviewé par la WebRadio de LyonCapitale

Restons en contact !

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