PLU-H : Aller plus loin pour construire une ville plus écologique

Qu’est-ce que le PLU-H ?

Le Plan Local d’Urbanisme et de l’Habitat (PLU-h) est un outil de gestion du sol qui organise le cadre de vie à l’intérieur de la Métropole de Lyon. Il dessine le visage de la ville de demain en conciliant les intérêts communaux et ceux de l’agglomération lyonnaise.  C’est un outil réglementaire, qui définit les règles d’usage des sols sur l’ensemble du territoire communautaire.

Ce document juridique, de portée générale, est adopté par le conseil de la Métropole de Lyon et s’impose à tous, particuliers et administrations. Il sert de référence obligatoire à l’instruction des demandes d’occupation et d’utilisation du sol, comme par exemple les permis de construire, qui sont autorisées par les maires.

Intervention de Laurence Croizier

Monsieur le Président,

Vous nous proposez dans ces délibérations d’approuver le bilan de la concertation et d’arrêter le dossier de révision du PLU-h suivant les documents à disposition.
Commençons par saluer le travail de concertation, de synthèse et de rédaction effectué par les différents acteurs ayant réalisé ce document de 150 kg, merci en particulier aux services de la Métropole et à l’Agence d’urbanisme.

Après avoir donné notre avis « métropolitain », ce projet sera soumis, pour avis, aux Conseils municipaux des 59 Communes situées sur le territoire de la Métropole, à l’État et aux personnes publiques concernées. Enfin, il sera également présenté dans le cadre de l’enquête publique.

Chaque commune doit désormais s’emparer de ce document et le faire partager. Nous espérons que la synthèse de tous ces retours enrichira et précisera d’autant plus ce dossier.

Monsieur le Président, quelques remarques tout d’abord sur la forme :

  • Le PLU-h s’est donné pour objectif d’être un document véritablement métropolitain, permettant la mise en œuvre d’une politique urbaine cohérente sur l’ensemble du territoire, tout en respectant bien sûr les spécificités de chaque commune.
    Les documents et les synthèses sont arrivés assez récemment et bien tardivement : comme nous l’avons rappelé, nous sommes ici pour donner un avis « métropolitain » sur ce dossier et non pour postuler que chaque commune va y retrouver « les petits » qu’elle a pu souhaiter ou valider.
    Et au regard des 5 ans de travail et surtout des derniers mois d’attente politique, notre temps d’analyse a, lui, été compté…
  • Ainsi, une clé USB remise a minima à chaque groupe politique aurait pu éviter des allées et venues, simplifier la prise en charge du document et assurer une information complète et transparente du dossier.
  • De même, si les enjeux sont clairement décrits dans ce dossier, il est difficile de trouver en un temps réduit des synthèses « métropolitaines » sur certaines prises en compte, puisqu’il faut bien souvent se reporter à chaque dossier communal. Je ne prendrai que quelques exemples : les parcs-relais, les questions de logistiques, la localisation des logements étudiants, l’accompagnement de certains projets comme l’Anneau des Sciences. Est-on certain d’avoir réservé les espaces nécessaires ? Quelques rapports thématiques transversaux, dans le peu de temps imparti, auraient été les bienvenus…
  • En particulier, pour le bassin de vie centre, nous souhaitons une présentation aux élus des orientations précises opérées en terme d’arbitrages faits entre Lyon et Villeurbanne pour la production de logements supplémentaires et logements sociaux, les cohérences d’activités commerciales, la logistique, la prise en compte du PDU, la réponse au manque d’équipements sportifs mentionné et j’en passe.
  • Il est dommage à cet égard que la conférence métropolitaine du bassin centre n’ait pas associée les maires des arrondissements limitrophes à Villeurbanne.
Mais il y a certainement d’autres cas où les discussions entre communes limitrophes d’un bassin de vie auraient été intéressantes…
  • Les élus UDI réaffirment que PDU et PLU-h doivent être étroitement associés. En effet, les droits à construire doivent être à proximité immédiate des corridors et lignes fortes du SYTRAL.

Sur le fond, ce PLU-h s’inscrit dans la continuité du précédent.

Je reviendrai donc uniquement sur quelques points un peu « nouveaux », en sachant que le bilan de la concertation a démontré l’intérêt des habitants pour les questions concernant l’environnement, l’amélioration du cadre de vie pour la santé et le bien- être de chacun puisque plus de 70 % des contributions concernent ces enjeux.

En effet, la prise en compte de la loi « Grenelle II » implique que l’ensemble du PLU-h intègre ses dispositions et renforce la prise en compte des objectifs de développement durable

Les élus UDI estiment que l’enjeu majeur de l’urbanisme pour les années à venir est l’adaptation au réchauffement climatique, réchauffement qui est malheureusement inévitable.

La lutte contre les îlots de chaleur urbains aurait mérité une contribution plus large et plus précise.

Notre urbanisme est un héritage du passé où les enjeux climatiques n’étaient pas ceux que nous rencontrons aujourd’hui.
Au-delà de l’augmentation du pourcentage de plein terre, que nous saluons, il aurait été plus pertinent de mettre en place un programme plus ambitieux et innovant incluant de véritables trames végétales et une perspective écologique à long terme.

Ainsi, notre PLUH devrait donner des objectifs de toiture et de façade à végétaliser, avec les recommandations techniques pour ce faire, car ces réalisations doivent s’intégrer dans un urbanisme rigoureux.
Ces espaces sont bien entendus importants pour la lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi par leur capacité à retenir l’eau et à limiter ainsi les dimensionnement de réseaux et les rejets d’eaux pluviales trop importants dans la majorité des stations d’épuration de l’agglomération.
On pourrait, par exemple, imaginer déjà la mise en objectif sur les bâtiments municipaux ou métropolitains.

Il y a une forte attente des habitants en matière de végétalisation de proximité et la Métropole doit jouer un rôle moteur dans le changement de pratique des habitants en ce domaine.

Les élus UDI auraient souhaités voire apparaître des rues apaisées aménagées en zone de rencontre et végétalisées.

Enfin, il nous paraît indispensable d’ intégrer la mutation de la végétation au « nouveau » climat et aux réductions d’utilisation de l’eau.

Beaucoup de travail reste à faire sur la végétalisation des espaces sur dalle ou sur voirie.

L’exemple le plus parlant est la réalisation en cours du nouvel aménagement de la ligne C3. En effet, elle montre encore de une trop grande surface minérale cours Lafayette (à l’angle du cours Lafayette et du quai) où les arbres sont implantés en dehors de toute logique écologique.
En quoi notre nouveau PLU-h et nos bonnes résolutions imposent au SYTRAL de prendre à cœur nos préoccupations environnementales ?

Rien non plus sur l’étude systématique sur nos voiries de possibilité d’ajout d’arbres.

De plus, le document présenté aujourd’hui contient trop peu de contenu sur les éléments aquatiques à prévoir, sur le travail sur les climatisations et les prescriptions sur les couleurs de bâtiments…

La question du stationnement est désormais définie par des périmètres de stationnement.

Aujourd’hui, 17 000 places de stationnement sont vacantes sur l’ensemble de l’agglomération et nous sommes bien entendu favorables à l’optimisation/mutualisation des parkings privés/ publics existants et la mutualisation.

Mais nous sommes également favorables à la libération de l’espace public des voitures et pour cela faut-il trouver un compromis ou des périmètres plus fins sur des zones d’hypercentre ancien où aucun immeuble n’a de parking en sous-sol.
L’objectif n’est pas de rendre le stationnement plus facile, mais de dégager de l’espace pour « verdir » la ville. Ceci concerne également les cœurs d’îlots malheureusement bien souvent réservés au stationnement des véhicules.

Beaucoup d’intentions (plutôt bonnes !) figurent dans ce projet de PLU-H. Mais nous aurions souhaité une politique plus ambitieuse et donc clairement affichée dans plusieurs domaines.

Le chauffage urbain fait partie de ce manque de valorisation., C’est une compétence énergétique importante de la Métropole qui aurait pu, par exemple, intégrer l’obligation d’étudier cette solution pour les bailleurs sociaux et les bâtiments communaux et métropolitains dans le cas d’une construction ou d’une réhabilitation..
Le PLU-H peut contribuer à rendre le chauffage urbain un outil fort de la politique métropolitaine en matière d’énergie renouvelable et de lutte contre la précarité énergétique.

Enfin, la question des meublés touristiques aurait pu faire l’objet d’un encadrement plus clair.

Vient maintenant le temps pour que les habitants de se saisir de ce document important pour construire ensemble la ville de demain, une ville qui ne soit pas une juxtaposition d’habitation mais un territoire de vie, de rencontre et de respiration.

Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président, notre groupe votera ces délibérations concernant le PLU-h et salue une nouvelle fois la qualité du travail.

Mais nous comptons sur vous pour l’organisation d’une présentation aux élus du bassin de vie Lyon-Villeurbanne.

Je vous remercie,

Restons en contact !

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