Mutualisation et coopération deux maîtres mots pour une bonne politique d’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap à domicile

Intervention de Marylène Millet, au nom des élus du groupe « UDI et apparentés »

Monsieur le Président, chers collègues,

Cette délibération porte sur un projet que je connais bien puisque j’ai eu l’opportunité d’être associée, il y a quelques années, en tant qu’adjointe à la solidarité de St Genis Laval dans l’élaboration et le soutien du projet initial par le collectif de personnes en situation de handicap qui l’avait conçu. Suite à la disparition du foyer APF dans le quartier des Barolles, les personnes les plus vulnérables craignaient en effet de perdre une qualité de service notamment la nuit. D’autres personnes moins lourdement handicapées ont alors accepté de mutualiser leurs aides respectives avec les premières de manière à s’offrir un service de qualité et correspondant aux besoins différenciés des membres du collectif. Comme le rappelle la délibération « la mutualisation des PCH vise à proposer une alternative à l’établissement en accroissant la souplesse des réponses aux besoins quotidiens de personnes lourdement handicapées, vivant dans des logements regroupés, grâce à une permanence permettant des interventions non programmées sur demande des bénéficiaires ».

Rappelons qu’au début du projet, la MDPH n’était pas favorable à cette mutualisation des prestations au prétexte que la PCH est une aide individuelle. Depuis les choses ont évolué notamment grâce au rapport de l’IGAS (l’Inspection Générale des Affaires Sociales) d’août 2016 sur la mutualisation de la PCH qui conclut que c’est une bonne chose. D’ailleurs, en mai 2017, juste avant le changement de gouvernement, un courrier est parti du Ministère de la Santé, mettant en avant le rapport IGAS et incitant toutes les MDPH et tous les départements à envisager la mutualisation de la PCH, notamment dans les projets d’habitat inclusif.

Depuis 2016, , la Métropole a souhaité pérenniser le fonctionnement de ce dispositif expérimental de mutualisation de la PCH, implanté à Saint Genis Laval, en concluant, un CPOM avec la SARL At’Home, structure qui encadre le fonctionnement du dispositif de permanence…

Je me réjouis donc que la Métropole ait pu poursuivre le partenariat avec les personnes en situation de handicap via un CPOM,  un Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens, contractualisé entre la Métropole et la SARL At’Home, ce qui sécurise pour 3 ans les bénéficiaires.

Rappelons l’originalité du projet original puisqu’il supposait une mutualisation des différentes prestations reçues par les personnes en situation de handicap, une mutualisation des enveloppes pour un partage des moyens. Mais pas seulement des moyens !

Cette démarche originale de mutualisation vient en effet en écho à un autre terme : la coopération.

J’aimerais ainsi profiter de cette délibération pour évoquer ce mot, qui au vu du contexte national peut paraître naïf et utopique. Mais je crois que justement on manque souvent d’utopie…il faut dire que la lourdeur administrative ne nous aide guère à expérimenter.

Pour monter ce projet les habitants concernés ont dû batailler, expliquer, coopérer pour convaincre et faire vivre leur projet. Certaines personnes sont sorties du dispositif et à chaque fois il a fallu se démener pour trouver de nouveaux contractants.

On pourrait parler d’empowerment et le groupe UDI souhaiterait que notre Métropole s’empare davantage de ce pouvoir d’agir des citoyens. Les citoyens qui ont imaginé ce dispositif ont en effet compris que la mutualisation permettait d’offrir un meilleur service aux personnes les plus vulnérables du collectif sans nuire aux plus valides. Pour eux double gain : l’assurance d’être tous bien traités, et la possibilité en outre de nouer des liens, d’agir ensemble dans la Cité…au-delà du simple intérêt financier, un intérêt humain évident.

Monsieur le Président je parlais d’utopie au début de mon intervention… C’est pourquoi je pose la question suivante : ne pourrait-on pas dupliquer ce système de mutualisation de prestations entre bénéficiaires de l’APA, voire mutualiser des prestations différentes, pour monter des projets d’habitat inclusif innovants par exemple ?

Pour que la Métropole ne se cantonne pas à la gestion de dispositifs et de prestations mais qu’elle développe pleinement son pouvoir d’agir !

Je vous remercie.

Restons en contact !

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